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Articles / Charles Despiau
 
 
Charles Despiau
Confidences
 
 
     From an untitled brochure on Isadora Duncan, together with "Pensées" by Bourdelle and sketches. It was sent by Claude Bourgat, Paris, on 09/11/1994.
 
     Translated from the French by Alkis Raftis and published in Raftis, Alkis: Isadora Duncan and the artists (in Greek with English supplement). Athens, Way of Life Publications & Dora Stratou Theater, 2002, 222 p. Charles Despiau (1874-1946), French sculptor. He studied at the Ecole des Arts decoratifs and the Ecole des Beaux-Arts, Paris, and worked in Rodin's studio (1907–14). His well-constructed, quiescent forms of young women have often been compared with the works of Maillol. Despiau is known for his sensitive portrait busts; his Mme Derain (1922) is at the Phillips Gallery in Washington DC.
 
Despiau, Charles: Pensées de Bourdelle.
     « Au Théâtre des Champs Elyséew, avenue Montaigne, dans ma grande frise haut-relief, conçue en lignes générales en rapport avec la façade , il est resté par vous, jeune danseuse née près de la grande Terpsichore, Isadora Duncan, il est resté par vous, par vos formes prêtées quelques instants à mon étude, un peu de fugitif humain arrêté dans le lois du marbre.
 
     « Amie, je voyais se construire par vous, furtifs, c’est vrai, mais se renouvelant sans cesse, tous les instants divins de l’assemblée des lignes que, dans toute leur existence vouée au plus austère amour, une légion de maîtres statuaires ne parviendra pas à fixer. » «Il me semblait en esprit à chacun de ses repos, regardant Mme couchée, prendre vers moi un Marbre antique tout palpitant d’éternité. «Je pensais en vous regardant : Voilà Phidias qui travaille.
 
     «Miss Duncan est comme une pêtresse éternalle ; elle évoque tous les chefs d’œuvre de la plus noble et haute antiquité, elle suscite tous les chefs d’œuvre à veniret, cela, par, tout son cœur superbement humain. »—(31 mai 1912)
 
     «Lorsque la grande Isadora Duncan a dansé devant moi, trente ans de ma vie regardaient tous les grands chefs d'oeuvre humains s'animer soudain dans ses plans ordonées du dedans par tout l'élan de l'âme»—(Leçon à la Grande Chaumière, avril 1913.)
 
     «Là il m'a semblé que par elle (Isadora) brusque mais na s'animait une ineffable frise ou des divines fresques qui doucement devenaient réalité humaine. Chaque élan, chaque attitude de la grande artiste sont demeurés en trait d'éclair dans ma mémoire.» — (Lettre à M. Gabriel Thomas, 10 septembre 1912.)
 
     «Nijinsky est rempli du souffle obscur des bêtes libres; il est brusque mais naïvement plus qu'humain, il a de l'aimal sacré.» — (Il vit Nijinsky dans «L'Après-midi D'un Faune».) «La danse est peut-être douce, mais qu'elle est grave! Elle est comme une méditation, du moins jÈaurais voulu cela.
 
     «Isadora penchant et renversant sa fine tête, ferme les yeux pour danser en dedans, en sa pure émotion.
 
     Ses mains frôlent le ciel du marbre. Elles semblent mourir et leur vie s'envoler dans leurs plans bien tassés.
 
     «Lui, le danseur, un Nijinsky, s'arrache avec élan sauvage au marbre qui le garde encore. Ses pieds osseux repoussent loin de sol, mais le bloc retiendra cet homme qui porte en ui la génie ailé des oiseaux».
 
     — (Notes sur son hute-relief "La Danse" à la façade du Théâtre des Champs-Elysées). Leçon à la Grande Chaumière.
 
     «Toutes mes muses au théâtre ont des gestes saisis durant l'envol d'Isadora; elle fut l à ma principale source.
 
     «Et vous tous, vous avez reconnue, Isadora Duncan, qui plane dans ma frise à côté d'Apollon pensif dont la lyre lui a dicté sa danse merveilleuse.
 
     «Avec neuf visages divers que j'ai pu dérober à bien ds visages de femmes, c'est toujours elle, Isadora, qui s'entrechoque dans ma frise avec Isadora, dans la fureur de l'hymne ou dans la fureur de l'hymne ou dans l'abandon de l'offrande. » (Grande frise haut-relief du Théâtre des Champs-Elysées) Leçon à la Grande Chaumière.
 
      Confidences de Despiau
     La sculpture et la danse, deux arts très differentes dans leurs points de contact pourtant étroits. Cependant je retrouve souvent un rythme qui s'apparente à la sculpture.
 
     Dans la danse, la coordination des rythmes rapproce cet art de la sculpture.
 
     Dans toute attitude, il ya plusieurs thèmes, en sculpture, aussi bien que dans une fugue. Quand la danseuse passe d'un plane à l'autre: suveiller la liaison, voilà le point intéressant. Isadora Duncan a été une révélation pour moi, elle m'a donné du bonheur et de la joie. Ses rythmes très differents évoquaient pour moi l'antique. Il y avait parenté evidente.
 
     Trouver pour un ballet l' ensemble harmonieux et constructif des mouvements, cela évoque les recherches du sculpteur pour composer des groupes ou ordonner des bas-reliefs.
 
     Tous les arts sont parents. Un arte exprime un mouvement qui continue, la sculpture est fixée... mais ne le paraît pas, mystère impondérable. Je ne cherche pas un mouvement mais l'intermédiaire entre deux mouvements.
 
     Sculpture, danse, c'est un instantané qui reste statique, tout en étant dynamique. On peut danser d'une façon quasi immobile qui s'exprime cependant de manière étonnante. L'immobilité n'est pas figée, un rien, et elle peut être différente.
 
     Il ya a une nuance qui déplace tout avec une mesure, nuance tellement rare à trouver. Ceci est vrai pour tous les arts, qu'ils s'expriment par des sons, mots, couleurs ou manères plastiques. Mais particulièrement pour ces deux arts: la sculpture et la danse.
 
     Il n'y a pas de recette, cette nuance vient de l'instant, le raisonnement vient après pou régler et non pour refroidir.
 
     Je suis passionée de musique, c'est pour moi une source de joie. Quand j'entends une balle chose, je la rattache à mon art.
 
     La première fois que j'ai entendu le "Boléro" de Ravel, il me parut monotone. Petit à petit des nuances, des riens, et je me trouvais pris. Une subtilité at une richesse incroyables.
 
     J'aime le rythme. Il y a 36 milliards de façons de l'exprimer. J'aime la belle proportion dans la danse, dans le ballet, mais surtout dans une danse isolée.
 
     La proportion est mystérieuse, elle n'est pas donnée par le compas. Elle provient de tout l'alentour et non de la mesure.
 
     J'ai vu Josèphine Baker ses gestes extraordinaires. Sans doute était-elle très loin de moi; et cependant, c'etait beau comme une sculpture hindoue. De très belles proportions, une mesure exacte que l'on subissait.
 
     L'attitude que l'on subit; la liaison, la coordination de deux mouvements; voilà le point crucial dans les deux arts.
 
 
 
 
 
 

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